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Biodiversité marine en Mauritanie : comment le FIP contribue à la protection du dauphin à bosse et des écosystèmes côtiers?

Illustrations Olvea
Dauphin à bosse de l’Atlantique (Sousa teuszii) observé en Mauritanie – biodiversité marine et écosystèmes côtiers

Pêche responsable et données de terrain

La Mauritanie abrite l’un des écosystèmes marins côtiers les plus riches d’Afrique de l’Ouest, au cœur duquel la biodiversité marine joue un rôle clé dans l’équilibre environnemental et la durabilité des filières de pêche.
 
Face aux pressions croissantes sur ces milieux sensibles, la structuration de démarches collectives de pêche responsable, fondées sur la science et l’observation de terrain, constitue un levier essentiel.
 
C’est dans ce contexte que s’inscrit le FIP pélagique mauritanien, soutenu par OLVEA depuis 2018, qui intègre progressivement la préservation des écosystèmes marins et des espèces sensibles dans ses actions d’amélioration.
 
En 2025, une attention particulière a été portée au dauphin à bosse de l’Atlantique (Sousa teuszii), espèce côtière emblématique, aujourd’hui classée en danger critique d’extinction par l’UICN.

Une espèce sentinelle des écosystèmes côtiers ouest‑africains

Le dauphin à bosse de l’Atlantique est une espèce endémique de l’Atlantique Est tropical et subtropical, dont l’aire de répartition s’étend du Sahara occidental au sud de l’Angola.
 
En Mauritanie, sa présence est historiquement documentée, notamment dans la zone du Parc National du Banc d’Arguin (PNBA), l’un des sites majeurs de biodiversité marine en Afrique de l’Ouest.
 
Cette espèce évolue exclusivement dans les zones littorales peu profondes, en interaction étroite avec les activités humaines. À ce titre, elle est considérée comme un indicateur biologique clé de l’état des habitats côtiers et de la pression exercée sur les écosystèmes marins.

Enquête 2025 : ce que disent les données de terrain en Mauritanie

Afin de mieux documenter la présence actuelle du dauphin à bosse de l’Atlantique sur les côtes mauritaniennes, une enquête de perception a été conduite en 2025 auprès des capitaines de pêche artisanale du PNBA et de la zone de Mheijrat, au sud du parc.
 
Principaux résultats de l’enquête
  • Présence confirmée de l’espèce en 2025 : la grande majorité des pêcheurs interrogés déclarent avoir observé le dauphin à bosse au cours de l’année, avec des observations très récentes.
  • Zones d’occurrence identifiées : les observations sont particulièrement fréquentes dans la zone d’Iwik, autour de l’île de Tidra, tout en s’étendant à l’ensemble du Banc d’Arguin et jusqu’à Mheijrat.
  • Espèce jugée rare mais présente toute l’année : plus de 97 % des répondants considèrent le dauphin à bosse comme rare, bien qu’observable en toute saison.
Ces résultats ne constituent pas une étude de population exhaustive, mais ils apportent des données de terrain précieuses, cohérentes avec la littérature scientifique existante, et utiles pour orienter les actions de gestion et de conservation.
Les observations recueillies indiquent que le dauphin à bosse fréquente majoritairement des zones distinctes des principaux secteurs de pêche des petits pélagiques, limitant ainsi les interactions potentielles avec les activités de pêche réglementées.

FIP pélagique en Mauritanie : une démarche collective au service de la biodiversité marine

La préservation de la biodiversité marine en Mauritanie repose sur une approche progressive, collective et adaptée aux réalités locales.
 
Le FIP pélagique mauritanien s’appuie notamment sur :
  • la coopération avec les autorités locales et les institutions scientifiques,
  • l’implication directe des professionnels de la pêche, acteurs clés de l’observation des écosystèmes,
  • l’intégration progressive des enjeux environnementaux, incluant les espèces sensibles et les habitats côtiers,
  • la mise en œuvre de mesures d’amélioration pragmatiques, compatibles avec la durabilité socio‑économique des filières.
Cette dynamique permet de renforcer la protection des écosystèmes marins sans opposer conservation de la biodiversité et activité halieutique.

La vision d’OLVEA : structurer des filières marines responsables et durables

Pour OLVEA, l’engagement dans le FIP mauritanien reflète une conviction forte :
La durabilité des filières marines passe par des cadres collectifs, fondés sur la science, l’observation et l’amélioration continue.
Soutenir ce type de démarches, c’est contribuer à une pêche plus responsable, où la préservation de la biodiversité marine, la continuité des approvisionnements et le respect des écosystèmes côtiers avancent de concert, au bénéfice des filières et des territoires.
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